Par Julian Hibbert

Desmond Dross représente un type particulier d’objecteurs de conscience, ceux qui veulent servir leur pays dans les forces armées, mais strictement dans un rôle non-combattant.

Il y a d’autres types d’objecteurs qui refusent catégoriquement d’être associés aux établissements militaires. Ils ne veulent pas servir comme non-combattants parce qu’ils voient dans cela une manière d’amener les autres dans le déploiement des forces de combat.

Durant les premiers mois de la 1ère guerre mondiale, quelque chose de rare s’est passé : une initiative par un groupe de jeunes Quakers a conduit à la formation d’une « unité des Amis Ambulanciers » (FAU, Friends Ambulances Unit). Ces jeunes hommes ont pressenti que les blessés de cette « guerre totale » iraient très vite submerger les ambulanciers volontaires engagés. Avec cela en tête, ils ont fondé un service ambulancier engagé comme « participant d’une manière non-violente ».

Au début, ni l’armée, ni la Croix Rouge anglaise voulaient engager un groupe de volontaires indépendants et pacifistes ; mais la situation a changé dramatiquement lorsque l’armée belge a été détruite à la fin octobre. Cette unité (FAU) a été pourvue avec les équipements et matériel nécessaire et envoyés en Belgique.

Ces volontaires courageux ont été confrontés à la dure réalité bien avant d’arriver en France. Quelques miles avant d’arriver en France, ils ont croisé un navire torpillé, ils ont secouru les soldats et les ont ramenés à Douvres. Ensuite, ils sont repartis, et à Dunkerque ils ont travaillé pendant 3 semaines à l’évacuation des blessés militaires, soigné des milliers de soldats sur place avant de pouvoir les transporter sur les navires-hôpitaux.

Conduit par le nombre croissant des blessés qui revenaient des tranchées, le rôle de cette unité spéciale s’est rapidement répandu et très vite des non-quakers ont rejoint cette unité.

Les volontaires du FAU ont aussi commencé à soigner les civils français, ce qui a attiré l’attention du corps médical français qui leur a demandé de conduire leurs ambulances sous la désignation « Sections Sanitaires Anglaises ». Très vite, cette unité était utilisée dans les hôpitaux militaires et civils.

En 1915, ils conduisaient des « trains ambulanciers » et début 1916, ils avaient aussi 2 navires-hôpitaux.

A la fin de la guerre, environ 1800 personnes avaient servi dans cette unité et 21 sont morts en aidant les blessés sur le front ouest.

Ils ont parcouru plus de 2 millions de miles et transporté 277 000 malades et blessés (sans compter ceux de la section italienne).

Au final, ce n’était pas seulement des hommes engagés. Les registres mentionnent 102 femmes qui ont servi dans cette unité, 54 ont servi en outre-mer.

Que dire de plus ? Un tel courage parle certainement de lui-même !!!

Source : http://www.quakersintheworld.org/quakers-in-action/252